Au Grand Théâtre
„Vénus anatomique“ de Sarah Baltzinger: Poupées de cire, poupées de soi
Dans sa nouvelle chorégraphie, Sarah Baltzinger interroge sur le sort réservé aux corps des femmes, en partant du cas des vénus anatomiques, invention troublante du XVIIIe siècle.
„Vénus anatomique“, comme les mannequins qui lui donnent son nom, joue avec les vraisemblances
Certes, les vénus anatomiques ont certainement permis des avancées médicales, qui ont facilité la vie quotidienne des femmes. Mais pourquoi diable ces mannequins, grandeur nature, en cire, inventés par Clemente Susini au XVIIIe siècle, sur lesquels les futurs médecins et parfois le public apprenaient l’anatomie, devaient porter des bijoux, de belles coiffures et prendre une posture lascive. Les mannequins masculins n’étaient pas aussi apprêtés. „Quand je les ai découvertes, j’étais assez choquée et fascinée par ces corps“, confie la chorégraphe Sarah Balzinger. „Je trouvais l’objet particulier dans sa présentation. C’était une représentation du corps féminin hyper érotisé, morbide.“