Red bridge project
Un théâtre pacifique
Pour le troisième rendez-vous du Red Bridge Project, l’artiste samoan Lemi Ponifasio investit la Philharmonie pour un nouveau spectacle qui casse les frontières, au départ des îles Kiribati.
Dans „Sea beneath the skin“, des artistes des Kiribati performent sur une musique jouée par l’Orchestre philharmonique Photo: MAU
C’est peut-être la première et la dernière fois que des performeurs des Kiribati se produiront au Luxembourg. Car pour que leurs traditions arrivent une première fois sur scène au Luxembourg, il aura fallu un de ces rares artistes sous nos latitudes qu’est Lemi Ponifasio. Soucieux de nourrir ses spectacles de sa cosmovision, comme il nomme son univers mental ancré dans les îles Samoa, il recourt aux artistes de communautés d’îles du Pacifique pour la majeure partie de ses travaux. C’est ainsi qu’en octobre dernier, pour le premier rendez-vous du Red Bridge Project, la pièce „Jerusalem“, ce sont des artistes maoris qui étaient sur scène, dans un spectacle universel nourri à la poésie d’Adonis, pour mieux dénoncer la violence et les guerres, mais surtout contribuer à une redéfinition du théâtre contemporain. Fin janvier, pour „Love to death“, Lemi Ponifasio déplaçait la focale en entremêlant les chants et traditions de la communauté mapuche du Chili avec le flamenco dans un déluge de sons captés lors de manifestations violemment réprimées à Santiago du Chili.