Villa Vauban
„Sous une lumière dorée“: L’Italie vue par les peintres néerlandais du 17e siècle
13 ans après son exposition dédiée à l’influence de Jérôme Bosch notamment sur les artistes du XVIIe siècle, la Villa Vauban renoue avec l’Âge d’or hollandais, en montrant pour la première fois une collection privée d’œuvres italianisantes de peintres néerlandais.
Paysage fluvial (cavaliers devant la Torre Lazzaroni), d’après Jan Asselijn (1610-1652) Photo: Collection privée
Poivrot, Crabe, Pointu, Pantin, Barbe de chèvre. On dirait des noms de soldats d’une armée de soudards comme celles qui terrorisaient les campagnes lors de la guerre de Trente Ans. Et pourtant, il s’agit des sobriquets d’artistes néerlandais qui, à la même époque, partaient en Italie, à la conquête de nouveaux paysages. Ils se disaient appartenir à la confrérie des oiseaux colorés (Bentwueghels) qui compta jusqu’à 400 membres, se réunissaient pour manger et boire à Rome, en se moquant gentiment de la religion catholique. Par la suite, l’histoire de l’art les a pris pour de drôles d’espèces, la piétaille de la peinture. Dans leur pays, on leur reprochait d’avoir déserté les paysages de grisaille et les maisons à pignon. Pourtant, les vues qu’ils rapportèrent d’Italie et qu’ils peignirent chez eux ont illuminé d’une lumière jusque-là inconnue les salons des nombreux bourgeois d’un pays qui affichait une prospérité insolente au cœur d’un siècle de désolation.