Esch Frontière
Requiem pour mes deux jeunesses croisées … – un texte de Guy van Hulle-Bisdorff
Chronique poétique d’une jeunesse frontalière, entre désir, fureur et illusion. Esch-Audun, années 70: un souffle de liberté dans l’ombre des hauts-fourneaux.
Le quartier frontalier d’Esch change de visage. Ce qui fut s’efface, du neuf prend forme. Mais ce qui demeure, ce sont des souvenirs bouleversants, comme ceux de Guy van Hulle-Bisdorff. Photo: mago
Rue d’Audun, à peu près la France. Odeurs mêlées de frites et de jasmin. Filles en minijupes, légères et tentantes, affriolantes nymphettes, princesses de supermarché, fleurs du printemps – Monopol et Bon marché. Séduisantes vendeuses de charmes, le temps d’un trop court weekend au rabais. Petits Français au parfum, dragueurs gominés, de taille mannequin, se la jouant, caisses surbaissées customisées, aux châssis pourris, moteurs plein pot, mas-turbos, formules zéro de quartiers déshérités. Mobylettes de kékés débridées, attention aux tympans! Frime à deux sous sur leurs motos, gros machos de derrière les fagots.