En salles
Pourquoi Jean Valjean n’est pas une adaptation de Victor Hugo comme les autres
Oser une nouvelle adaptation du roman „Les Misérables“ après Jean-Paul Le Chanois (1957), Robert Hossein (1982) et Josée Dayan (2000), voilà qui tient autant du pari que de l’hommage. En choisissant de concentrer son film sur les tout débuts de l’histoire, Eric Besnard livre un huis clos intime et profondément humain. Une entrée resserrée dans l’univers hugolien, portée par un quatuor d’acteurs d’exception.
Grégory Gadebois dans „Jean Valjean“ Photo: Radar Films - Mediawan
La grande force de cette adaptation est son recentrage audacieux : quatre personnages, une maison d’évêque, un homme brisé qui lutte contre lui-même. Le film se déroule essentiellement dans la demeure de Monseigneur Bienvenu Myriel, où Jean Valjean (Grégory Gadebois) trouve refuge et où, déjà, les lignes de sa destinée vacillent. Grégory Gadebois interprète Valjean avec une intensité charnelle et mélancolique: sa corpulence, ses silences, ses gestes hésitants disent mieux que des mots les années de bagne et de honte. Là où d’autres versions privilégiaient la stature du héros rédimé, Gadebois incarne l’homme encore sauvage, lesté de rage et de douleur.