Musée d’art moderne de la ville de Paris

Nicolas de Staël: une focale jusqu’à la brûlure

La rétrospective Nicolas de Staël a lieu vingt ans après celle du Centre Pompidou, avec des toiles rarement montrées, un nouvel éclairage sur son art, le temps passant. La légende de Staël se réactive, son œuvre nous éprouve depuis son essence vive, ses points de focale, ses espaces ramassés ou aérés, dans une vision en perpétuel renouvellement.

Nicolas de Staël, „Agrigente“, 1954, huile sur toile, 60 x 81 cm. Collection privée/Courtesy Applicat-Prazan, Paris.

Nicolas de Staël, „Agrigente“, 1954, huile sur toile, 60 x 81 cm. Collection privée/Courtesy Applicat-Prazan, Paris. © ADAGP, Paris, 2023/Photo: Annik Wetter

Nicolas de Staël (Saint-Pétersbourg 1914-Antibes 1955) ne laisse pas indifférent. Ses œuvres s’adressent au plus grand nombre, même si cela n’a pas été le cas de son vivant, lorsqu’on lui reprochait de ne pas être abstrait, alors que c’était l’époque. Le sujet est, à sa manière, si reconnaissable, lignes brisées soulevant la matière, hachures qui peu à peu s’aèrent. Dans une ossature forte. Les tesselles s’élargissent, la palette s’éclaircit, la lumière aux arêtes vives devient méditerranéenne. Quiconque a vu une œuvre de Staël la reconnaîtra d’emblée.

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