Portrait

Morcheeba en concert à l’Atelier

Morcheeba émergent dans un moment saturé: celui d’un trip-hop codifié, chargé de tensions urbaines et de ralentis pesants. Plutôt que d’ajouter au vacarme, les Anglais choisissent d’en détourner un peu l’énergie. Depuis trente ans, leur musique affine ce geste d’échappée belle. Ils jouent ce soir à l’Atelier. Flash-back par époques et par disques.

Plus qu’une voix, Skye Edwards, chanteuse du groupe, incarne un contrôle du souffle, une diction nette et un timbre qui édulcore sans sucre

Plus qu’une voix, Skye Edwards, chanteuse du groupe, incarne un contrôle du souffle, une diction nette et un timbre qui édulcore sans sucre Photo: Michelle Hayward

Quand Morcheeba se forment à Londres, au milieu des années 1990, autour des frères Paul et Ross Godfrey et de la chanteuse Skye Edwards, la scène britannique bruisse déjà d’un trip-hop en demi-teinte, celui de Massive Attack, Tricky ou Portishead. Souvent désigné sous l’étiquette de „Bristol sound“, ce genre ralentit les pulsations du rap, enveloppe le son d’un brouillard de réverbérations et cultive une électricité souterraine à la fois paranoïaque et sensuelle. Morcheeba, en contrechamp, s’installent ailleurs, non pas contre, mais à côté, dans un climat plus lumineux, un tempo à peine accéléré et des guitares qui n’oublient pas le cinéma. Ce petit décalage esthétique est aussi une réponse à l’air de l’époque: le Royaume-Uni sort d'un premier âge rave que la Criminal Justice and Public Order Act cherche à museler; l’élan Cool Britannia, médiatisé à l’excès, coïncide avec une fatigue façon descente d’acide.

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