La Grèce en BPM majeur

Marína Sátti en concert à la Kulturfabrik

La musique grecque pulse entre ison byzantin, bouzouki nerveux et rythmes asymétriques qui donnent à la mélodie un pas de côté. Marína Sátti y sculpte une pop agile (choeurs traditionnels, reggaeton, autotune) pour finalement faire du grec une langue de dancefloor. La chanteuse est en concert ce soir à la Kulturfabrik à Esch. Focus.

Ce soir à la Kulturfabrik à Esch: Marína Sátti

Ce soir à la Kulturfabrik à Esch: Marína Sátti Source: Peggy Theodorogianni

La musique grecque a le goût du sel et des consonnes qui claquent. Dans le fond, un bourdon byzantin, cet ison qui soutient la mélodie, imprègne le rebetiko des ports. Bouzouki nerveux, baglama plus râpeux, clarino qui pleure, les rythmes bancals donnent à la marche une légère ivresse, comme si l’on gravissait un escalier aux marches très inégales. La langue, avec son accent tonique mobile et ses voyelles ouvertes, impose une ligne chantée qui aime les angles. De là partent certaines trajectoires populaires. Maria Callas, Athénienne d’adoption, taille le bel canto avec une précision tragique qui n’ignore pas le thrénos méditerranéen, alors que ses attaques portent un vibrato de terre et de cendre. Connu notamment pour ses bandes originales atmosphériques de films épiques, Vangelis remplace le choeur antique par des nappes synthétiques, constituées d’héroïsme qui fait du studio une agora cosmique.

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