Pop
La mélodie des aurores boréales: Cesare Cremonini et son nouvel album „Alaska Baby“
25 ans après „...Squérez?“, l'album de son groupe Lùnapop, Cesare Cremonini revient avec un nouveau disque, „Alaska Baby“. C’est l’occasion de faire un portrait de l’une des plus grandes pop stars italiennes en activité.
Avec son huitième album, une nouvelle page s’ouvre pour Cesare Cremonini, illustrée notamment par le single „Ora che non ho più te“ („Maintenant que je ne t’ai plus“)
C’était il y a un quart de siècle, à la fois hier et une éternité: Lùnapop était un groupe symbolique de la jeunesse italienne. Flash-back. En 1999, le leader du combo, Cesare Cremonini, ne cherche pas à jouer dans la cour des deux Lucio, Battisti et Dalla, non, Lùnapop fait de la britpop en italien; disons de la „it-pop“, pour citer le titre de l’album d’Alex Britti sorti l’année précédente. A la fin des nineties, la mode est aux boys bands – commercialement „intéressants“, artistiquement sans intérêt. Lùnapop seraient trop lisses et édulcorés pour être les frères Gallagher dans une version transalpine. S’agirait-il alors d’un boys band? Ce qui est parfois reproché à Lùnapop, ce n’est pas le fait d’être une bande de post-adolescents montée de toute pièce (au contraire, elle sort pour ainsi dire de nulle-part, sinon des bancs du lycée), mais ce sont plutôt les chansons en tant que telles, aseptisées, calibrées pour les jeunes filles en fleur, séduites par le minois du chanteur. Les textes? „Je te veux“, „Reste avec moi“, „Il y a quelque chose de grand entre nous“, „A l’école ça ne va pas fort et je n’ai pas de fiancée“. Nous sommes loin des paroles de Mogol ou des textes d’un autre Cesare, le grand poète Pavese. Et alors?