Histoire du temps présent

Des collaborateurs de plus en plus indispensables

Au printemps 1944, le Reich a désespérément besoin d’hommes. Pris dans une guerre d’attrition face à l’Union soviétique, il doit également continuer à contrôler les territoires qu’il occupe depuis le début de la guerre. Au Luxembourg, la Sipo-SD (Sicherheitspolizei) doit ainsi se résoudre à recruter un nombre croissant de collaborateurs locaux.

Le contrôle nazi sur la société luxembourgeoise n’aurait jamais pu atteindre le niveau de sophistication qui fut le sien, sans relais autochtones

Le contrôle nazi sur la société luxembourgeoise n’aurait jamais pu atteindre le niveau de sophistication qui fut le sien, sans relais autochtones Photo: archives Editpress

L’omnipotence du régime nazi au Luxembourg et la responsabilité unique des Allemands dans les crimes qui y furent commis ont longtemps été mis en avant. En abattant les institutions luxembourgeoises, en leur substituant son propre appareil administratif, en prenant les rênes du mouvement collaborationniste Volksdeutsche Bewegung (VdB) et en dictant les modalités de la collaboration, le Gauleiter Gustav Simon avait, il est vrai, cherché à étouffer toute initiative locale. Son contrôle sur la société luxembourgeoise n’aurait néanmoins jamais pu atteindre le niveau de sophistication qui fut le sien, sans relais autochtones.

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