Théâtre

Cela ne me définit pas: „Good Girls“ au Théâtre d’Esch

Avec „Good Girls“, Larisa Faber signe une comédie musicale au vitriol, portée par trois actrices convaincantes, où l’humour féroce pointe vers une analyse précise d’une société encore trop marquée par le non-dit et des réflexes patriarcaux.

Monika Valkunaite, Tekle Baroti et Nora Zrika s’en donnent à cœur joie dans une comédie musicale souvent décalée

Monika Valkunaite, Tekle Baroti et Nora Zrika s’en donnent à cœur joie dans une comédie musicale souvent décalée (C) Jeanine Unsen

Il fallait l’oser: „Good Girls“ est une comédie musicale souvent drôle sur l’avortement au sein d’un pays où de tels sujets ont tendance à ne pas être thématisés du tout. Et quand il l’est, thématisé, l’IVG est presque toujours traitée sur le mode du tragique, entérinant ainsi esthétiquement et narrativement un des clichés réactionnaires qu’on associe à l’avortement: à savoir que c’est une épreuve non seulement physiquement douloureuse – elle l’est toujours –, mais dont il est nécessaire de porter des stigmates psychiques, insinuant plus ou moins que les femmes qui recourent au procédé sont des tueuses d’enfants et qu’il ne serait pas normal d’en sortir soulagée, une telle posture montrant à quel point l’Occident est encore profondément marqué par des siècles d’idéologie chrétienne (et des décennies de règne du CSV, pour le Luxembourg).

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