„Le Bel Obscur“
Caroline Lamarche livre un roman rude et généreux sur une femme qui découvre bien plus que l’homosexualité de son mari
C’est la voix d’une narratrice qui décide d’enquêter sur Edmond, un aïeul du 19e siècle, qui fait aussi défiler sa vie d’épouse pendant trente ans: Avec „Le Bel Obscur“, l’écrivaine belge Caroline Lamarche redistribue les cartes à sa façon.
L’autrice Caroline Lamarche Photo: Valérie Sonnier
„Il n’y a rien de fictif dans ce roman. La fiction consiste à mettre des éléments hétérogènes ensemble et construire une histoire. C’est un montage. Tous les éléments documentaires que j’apporte, que ce soit d’ordre livresque, d’ordre historique ou d’ordre archivistique, sont vrais“, dit Caroline Lamarche. „C’est la somme des coïncidences et des signes qui a accompagné ce travail. Je veux aussi raconter l’histoire d’un couple, comme un roman.“ Cela passe d’abord par des photos et des lettres que la narratrice découvre dans un vieux coffre de famille. Ils révèlent l’existence d’Edmond, un jeune Liégeois, étrangement coupé de l’arbre généalogique familial, mystérieusement décédé à Orléans, à l’âge de 30 ans. Ces documents bouleversants sont comme des pièces à conviction. „J’ai repris l’enquête“, confie Lamarche, „parce que j’ai une vénération pour mon père qui était ingénieur des mines, qui s’intéressait aux archives. Il disait toujours: ,Quand on a très peu d’archives, il y a là un personnage en quête d’auteur.‘ C’est une phrase magnifique, qui me pousse vers le roman.“