L’histoire du temps présent
70.000 Luxembourgeois aux Etats-Unis au 19e siècle? Bullshit!
Les historiens comme les autres chercheurs ont souvent l’impression d’être comme Sysiphe les champions des efforts inutiles. Par exemple lorsqu’ils ou elles s’aperçoivent que des théories qui ont été réfutées depuis des décennies circulent toujours allègrement dans les manuels ou les médias.
Affiche publicitaire de la Red Star Line, compagnie maritime assurant un service hebdomadaire entre Anvers, Philadelphie et New York de 1872 à 1935 Source: Red Star Line Museum
Ainsi j’ai dû apprendre par cœur ceci sur le Néandertalien en classe de 7e – c’était en 1976: „Er war klein und ging aufrecht, aber nach vorn geneigt, mit schwerfälligen Schritten. (...) Die groben Gesichtszüge und der gedrungene Körperbau lassen auf eine primitive Lebensform schließen.“ (Spiegel der Zeiten, édition de 1968). Cette représentation avait depuis longtemps été réfutée par les spécialistes et datait du début du 20e siècle. Au début du 20e siècle, la théorie darwinienne de l’évolution était certes bien établie dans les milieux scientifiques, mais beaucoup de savants restaient attachés à l’idée d’un être humain créé à l’image de Dieu. Il était donc rassurant de faire des Néandertaliens un cas à part et aberrant, un rameau évolutif différent de celui de l’être moderne, et surtout éteint depuis longtemps, pour ne pas aborder de front le problème de l’origine et de la nature profonde de l’être humain. Il a fallu beaucoup de temps aux scientifiques pour prendre vraiment leurs distances à l’égard de ces conceptions bibliques.