France

Une première politico-judiciaire: le ministre de la Justice devant … la justice

Le ministre de la Justice français, Eric Dupond-Moretti comparaît depuis lundi devant la Cour de justice de la République, juridiction d’exception chargée de juger les membres du gouvernement lorsqu’ils sont attaqués par l’institution judiciaire dans l’exercice de leurs fonctions. Le cas s’est déjà présenté dix fois dans le passé. Mais cette affaire est d’autant plus commentée que cette fois-ci, l’accusé est lui-même ... le patron de l’institution judiciaire.

Le ministre français de la Justice, Eric Dupond-Moretti quitte le Palais de justice de Paris après l’audience d’ouverture de son procès pour conflits d’intérêts et abus de pouvoir

Le ministre français de la Justice, Eric Dupond-Moretti quitte le Palais de justice de Paris après l’audience d’ouverture de son procès pour conflits d’intérêts et abus de pouvoir Photo: AFP/Julien de Rosa

Même si cette cour spéciale comporte essentiellement des parlementaires: six députés et six sénateurs, outre trois magistrats, l’impression prévaut qu’il y a quelque chose de singulier à voir de garde des sceaux – autre appellation du ministre de la Justice – comparaître devant un tribunal, quel qu’il soit. D’aucuns estiment d’ailleurs qu’il eût été préférable qu’il se retire au moins provisoirement du gouvernement, comme ce fut le cas dans le passé pour des ministres dès leur mise en examen (ce qu’on appelle la „jurisprudence Balladur“, car c’est ce dernier, alors premier ministre, qui avait édicté cette règle pour les membres de son gouvernement en 1993).

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