France
Une affaire de pédocriminalité, du fait divers au scandale d’Etat
Une très sombre affaire, doublement criminelle puisqu’elle comporte à la fois un ou plusieurs viols sur mineure et son assassinat, bouleverse actuellement l’opinion et la classe politique. Car elle met en cause, outre la responsabilité du suspect, légalement présumé innocent comme le veut la loi avant tout jugement, mais aussi le fonctionnement de la justice.
Les forces de l’ordre ont retrouvé le corps de la petite Lyhanna sur l’enceinte d’une entreprise agricole Photo: AFP
Il aurait pu ne s’agir que d’un horrible mais hélas relativement banal fait divers: une collégienne de onze ans, Lyanna, a disparu depuis une semaine, et un corps, dont l’autopsie devra dire s’il s’agit bien du sien, comme tout semble l’indiquer, y compris ses vêtements, a été retrouvé à quelques kilomètres de son établissement scolaire. De ce collège, elle a été vue sortir vendredi dernier pour monter dans la voiture d’un homme – le père d’une de ses condisciples – qu’elle connaissait, et qui a finalement assuré aux enquêteurs, après avoir d’abord juré qu’il ne l’avait pas croisée ce jour-là, qu’il l’avait simplement, à sa demande, conduite à la piscine. Laquelle était d’ailleurs fermée.
Le problème de fond, celui qui interpelle la justice et la gendarmerie, est que cet homme, Jérôme Barella, qui a été mis en examen et placé en détention pour „enlèvement et séquestration de mineur de moins de 15 ans“, avait fait l’objet de différentes plaintes bien qu’il ait été jusqu’alors perçu par son entourage comme un respectable père de famille de 41 ans. Des plaintes qui le désignaient clairement comme un pervers sexuel, attiré par les fillettes et les toutes jeunes filles, avec qui il avait, selon la pudique formule consacrée, „des attitudes inappropriées“.