La bataille des chiffres

Les leçons du camp du Ban Saint-Jean, le plus grand mouroir nazi de France

Le camp du Ban Saint-Jean en Moselle française n’a pas encore livré tous ses secrets. Près de 20.000 Ostarbeiter y auraient péri de faim et d’épidémies entre 1941 et 1944 selon des observateurs de l’époque. Mais les autorités militaires françaises campent sur le chiffre de 2.879 corps exhumés. 

„Ce n’est pas parce qu’une loi est écrite, qu’elle émane d’une autorité civile, qu’elle a nécessairement raison, vis-à-vis d’une loi non écrite faisant appel au jugement personnel, à la morale“, explique Gabriel Becker

„Ce n’est pas parce qu’une loi est écrite, qu’elle émane d’une autorité civile, qu’elle a nécessairement raison, vis-à-vis d’une loi non écrite faisant appel au jugement personnel, à la morale“, explique Gabriel Becker Photo: Editpress/Tania Feller

Sur le Ban Saint-Jean, à côté de la commune de Boulay dans le département français de la Moselle (à 30 km à l’est de Metz), il n’est pas rare que des plaques nominatives remontent à la surface durant la saison des labours. Mais on ne sait pas combien de corps demeurent encore sous ce qui a été le site de passage de près de 300.000 Ostarbeiter ukrainiens et soviétiques, civils raflés et militaires prisonniers, entre la mi-1941 et 1944. C’est depuis là que ces esclaves du régime nazi étaient acheminés vers les 250 camps de travail pour l’extraction minière dans la Moselle annexée, mais aussi au Luxembourg et en Sarre. 

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