Luxemburgensia
„La couche sous la couche“: „Une dernière fois, la Méditerranée“ de Jean Portante
Clôturant sa trilogie des temps instables, „Une dernière fois, la Méditerranée“ est peut-être l’œuvre la plus complexe de l’auteur qui, dans un entrelacs de couches, de voix et de genres, tisse un arc narratif allant de Virgile à la crise migratoire européenne. De parricide en filiation littéraire, ce récit initiatique est également un roman-somme mélancolique sur la mémoire, le temps et le deuil.
Photo: Editpress/Hervé Montaigu
Tout commence avec une mise en bouteille: parce que la dernière volonté de Fernando Rossi, éminent académicien dont le provocateur „Contre Ulysse“ marqua une entrée fracassante dans le milieu des études hellénistes, fut de „rejoindre tous ceux à qui la traversée de la Méditerranée a donné une sépulture“, son ex-femme Sandra Wagner, „afin d’avoir quelque chose à enterrer“, „a eu l’idée d’aller à peu près à l’endroit où son cadavre a disparu dans les flots pour y puiser un demi-litre d’eau de mer“.