Luxemburgensia
Diable(s) en papier
Quatre ans après son incursion dans la fantasy avec „Lizardqueen“, Tullio Forgiarini revient avec „Céruse“, un méta-thriller lynchien qui ne fait pas dans la dentelle. Au-delà des loufoqueries sanguinolentes dont on a pris l’habitude à force de le lire, Forgiarini y met en scène un narrateur-écrivain peu digne de confiance, qui se promène comme un funambule entre le réel, sa mise en écriture et l’affabulation. C’est drôle, décontenançant, parfois un peu désinvolte, diaboliquement malin et terriblement jouissif.
L’écrivain Tullio Forgiarini Photo: Pitt Simon
Ça commence sur les chapeaux de roue, avec un gamin de douze ans qui raconte comment il découvre son talent pour „lire les gens“ quand il réalise que sa mère, déposant une énième déclaration de disparition au commissariat après que le père est „parti avec une de ses putes“, vient de mentir et aux policiers et à son fils. Peu après, cette même mère, constatant que le gamin a bien compris qu’elle ne faisait que „performer“, le rend complice de son crime en le forçant à disséminer les membres découpés du paternel congelé dans les poubelles de la ville.