EXPOSITION

La paix, une œuvre inachevée

Du 3 octobre 2026 au 30 octobre 2027, la Bibliothèque nationale du Luxembourg propose „La paix inachevée. Perspectives luxembourgeoises sur la paix“, une exposition consacrée aux différentes manières dont le Luxembourg a pensé, défendu et pratiqué l’idée de paix depuis 1795. Elle s’accompagne d’un ouvrage collectif de 575 pages, „Unerledigte Frieden / La Paix inachevée. 60 perspectives du Luxembourg de 1795 à 2026“, ainsi que d’un cycle de conférences, ateliers, lectures, projections et tables rondes jusqu’en juin 2027. L’ensemble ne cherche pas tant à célébrer la paix qu’à en examiner les conditions, les contradictions et les fragilités.

Des membres du Lëtzebuerger Friddenskomitee d‘Esch lors d‘une manifestation pour la paix à Luxembourg-Ville (photographe inconnu; collection privée de François Bausch)

Des membres du Lëtzebuerger Friddenskomitee d‘Esch lors d‘une manifestation pour la paix à Luxembourg-Ville (photographe inconnu; collection privée de François Bausch) Source: BnL

Le vernissage, le 3 octobre, a donné le ton de la manifestation, avec une présentation à deux voix de l’historien et chercheur Mohamed Hamdi, commissaire de l’exposition, et de Claude D. Conter, directeur de la Bibliothèque nationale du Luxembourg. Le ministre de la Culture, Eric Thill, a, pour sa part, notamment insisté sur la portée politique de cette manifestation: dans un contexte international marqué par le retour des conflits armés, la fragilisation du multilatéralisme et la remise en question de certains équilibres européens, penser la paix revient aussi à réinterroger les responsabilités des États, des institutions et des citoyens. L’exposition prend ainsi une dimension qui dépasse largement la seule rétrospective historique: elle invite à considérer la paix non comme un acquis, mais comme une construction politique et collective qu’il appartient à chaque génération de défendre. Loin d’une exposition commémorative, „La paix inachevée“ fait ainsi de la paix un objet de recherche, de débat et d’engagement.

Le parcours est organisé en douze sections qui dessinent deux grands axes complémentaires: les différentes conceptions de la paix et les cadres politiques dans lesquels elle est pensée, puis les acteurs, pratiques et instruments qui cherchent concrètement à la faire exister. Le premier axe s’ouvre avec „La paix, c’est quoi?“, qui interroge la définition même du terme: la paix signifie-t-elle seulement l’absence de guerre ou suppose-t-elle aussi justice, liberté et sécurité? „Une île neutre et pacifique“ revient ensuite sur la neutralité luxembourgeoise, conçue comme une garantie de sécurité pour un petit État situé entre de grandes puissances. Mais neutralité et pacifisme ne se confondent pas: l’une relève d’une stratégie politique et internationale, l’autre d’un engagement contre la guerre.

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