Logement
Tensions sur les besoins: Payer son loyer, mais devoir déguerpir quand même
Arrivée en provenance du Kurdistan irakien en 2018, la famille d’Ibrahim Mohammed est sous le coup d’un déguerpissement imminent. Leur histoire rappelle comment l’invocation du besoin personnel permet trop facilement de mettre une famille à la rue et le casse-tête que constitue, particulièrement pour les bénéficiaires de protection internationale, la recherche d’un logement.
Ibrahim Mohammed dans le salon qu’il va devoir quitter Foto: Editpress/Didier Sylvestre
Le soir, quand il va se coucher, au moment de fermer les yeux, il arrive à Mohammed Ibrahim d’espérer que la nuit à venir soit bien plus longue que d’habitude, que son sommeil dure des mois, des années même, et que le jour où il ouvrira les yeux, il n’aura pas à affronter les moments difficiles qui l’attendent. Que tout aura été réglé. Le rêve, c’est tout ce qui lui reste pour échapper au déguerpissement de son logement et à l’incertitude qui va s’en suivre. D’ici quelques jours, quelques semaines tout au plus, la durée dépend d’une décision de justice prise aujourd’hui, ses trois garçons de 8, 9 et 12 ans, leur maman et lui, vont devoir quitter le logement qu’ils occupent depuis 2019 dans la rue Béatrix à Merl. Il faudra tout recommencer à zéro.