Interview
„Les femmes rendent la révolution encore plus forte“
Jafar Panahi vient d’être libéré sous caution, après sept mois de détention dans la prison d’Evin à Téhéran. Avant cela, le cinéaste iranien avait réussi à tourner „Aucun ours“, clandestinement, comme il l’avait fait précédemment pour, notamment, „Trois visages“ (2018), „Taxi Téhéran“ (2015), „Ceci n’est pas un film“ (2011).
Mina Kavani (à dr.) dans le film „No Bears“ („Aucun ours“)
Pour „Aucun ours“, Jafar Panahi s’est installé dans un village reculé, proche de la frontière turque. Le cinéaste continue d’observer la société de son pays, cette fois loin de la capitale. Il se met en scène en train de diriger, à distance depuis son ordinateur, une équipe qui se trouve en Turquie. La connexion Wi-Fi s’interrompt régulièrement, les acteurs eux-mêmes sont en attente d’un départ pour l’Europe, les relations entre Jafar Panahi et les villageois s’enveniment. Le soupçon, la peur – de l’ours – s’installent. Les récits s’entremêlent dans un film sombre, teinté d’espoir. Jafar Panahi se montre très calme, et garde souvent son sourire. Une sorte d’armure qu’il a développée depuis sa confrontation avec le régime.