En concert au Luxembourg
Hooverphonic débarque à l’Atelier et offre du cinéma pour les oreilles
Hooverphonic n’a jamais suivi la ligne droite. Le groupe belge a patiemment inventé une pop d’assemblage à travers une voix, des cordes cinématographiques et des textures trip-hop comme des plans-séquences. A travers 30 ans de virages, sa musique semble avoir cultivé une obsession: celle d’écrire des scènes. Ce soir, Hooverphonic monte sur celle de l’Atelier. Rembobinons la cassette.
En concert: le groupe Hooverphonic Photo: Willem Mevis
Au mitan des années 1990, Hooverphonic émerge dans une Belgique en plein ajustement. Le pays vient d’adopter un modèle fédéral (en 1993) et traverse une époque de trouble civique; pendant ce temps, la scène musicale, elle, tient debout, avec des festivals bien rodés (Werchter, Pukkelpop). Ce n’est pas un lien de cause à effet, c’est plutôt un climat: une culture du patchwork, du travail par collage, soit exactement ce que pratique le trio fondateur, composé d’Alex Callier, Raymond Geerts et Frank Duchêne, qui bricole son identité en même temps que son nom, passant de Hoover à Hooverphonic, et qui cherche une voix: d’abord Liesje Sadonius, ensuite Geike Arnaert, avec une halte brève chez Kyoko Baertsoen. La scène belge offre alors un contrechamp bien net. dEUS a ouvert la voie à un rock flamand d’exportation; Soulwax, eux, pulvérisent les frontières entre les guitares et les platines; il s’agit du prolongement distant d’une tradition électro maison avec Front 242 et plus largement l’Electronic Body Music.