Théâtre

Forêt de signes: „De Bësch“ est une expérience théâtrale immersive et interactive

Bienvenue dans le désert du réel: „De Bësch“ est une expérience théâtrale immersive et interactive qui questionne la nature même de notre réalité. Réalisée par Anne Simon et Max Jacoby, cette quatrième production de la Volleksbühn confirme son exploration d’un théâtre différent, formellement enjoué – même si, côté contenu, on navigue en terrain (un peu trop) connu.

Les différentes installations servent de points de repère pour le spectateur déboussolé

Les différentes installations servent de points de repère pour le spectateur déboussolé (C) Boshua

Point de rideaux qui se lèvent ni d’applaudissements finaux: „De Bësch“ ne peut pas se targuer de rompre avec le fameux quatrième mur puisqu’il n’y en a plus – en guise de mur, on ne trouve ici qu’un fouillis dense fait d’arbres, de brindilles qui craquent et d’installations lumineuses. Librement inspiré par des expériences théâtrales interactives comme „Sleep No More“, où le spectateur traversait les différents étages d’un hôtel, „De Bësch“, coproduit par plus ou moins l’ensemble des maisons culturelles du pays, a de quoi intriguer: avec ses messages envoyés au préalable aux spectateurs et son point de rassemblement en guise d’amuse-gueule (des navettes partent des différentes maisons des coproducteurs pour ramener le spectateur dans l’un des trois décors forestiers), la pièce fait déborder son cadre, floutant les frontières entre réalité et fiction avant même qu’on ne s’immerge dans sa narration. Car avec „De Bësch“, on est toujours déjà dans la fiction – cette fiction que, par consensus ou aveuglement, nous appelons le réel.

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