Théâtre

D’une paire deux coups: „La campagne“ de Martin Crimp au TOL

Deux ans après „Objet d’attention“, Véronique Fauconnet revient à l’œuvre de Martin Crimp et adapte „La campagne“, autre huis clos où les ellipses déconstruisent un quotidien tissé par des mots mensongers pour lentement dessiner en creux une vérité indicible. Texte fort sur un couple miné par la violence, l’infidélité et la toxicité masculine, „La campagne“ connaît, au TOL, une mise en scène qui rend honneur à sa subtilité et qui se focalise sur le jeu, excellent, de ses trois acteurs.

Rebecca (Clara Hertz) dévoile à Corinne (Claire Cahen) des vérités que celle-ci aimerait ne pas entendre.

Rebecca (Clara Hertz) dévoile à Corinne (Claire Cahen) des vérités que celle-ci aimerait ne pas entendre. Photo: Bohumil Kostohryz

Ça commence comme un soir à la campagne tout ce qu’il y a de plus banal – elle, Corinne (Claire Cahen), découpe quelque chose dans un magazine, lui, Richard (Ali Esmili), rentre du travail. Lui est médecin de campagne, elle est femme au foyer, qui s’occupe de leurs deux enfants. Le couple n’a emménagé que récemment dans la nouvelle maison, laissant la ville derrière eux, allant à rebrousse-poil de cette désertion rurale à la mode, réinvestissant la campagne pour plus de tranquillité – et pour que Richard puisse assister son collègue Maurice, un sacré personnage celui-là, qui parle le latin, cite Virgile, qu’on ne verra jamais, mais dont le rôle, perturbateur, étrange, sera crucial pour la pièce.

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