Tina Gillen à la Konschthal
Des espaces de flottement
L’artiste peintre Tina Gillen questionne notre époque de l’Anthropocène en nous faisant contempler une nature complexe, dans laquelle la beauté peut cacher la menace. Tour d’horizon de l’exposition „Flying Mercury“ à la Konschthal.
„Iceberg III“, 2023, acrylique sur toile Photo: Christof Weber
L’idée d’accueillir une exposition monographique de Tina Gillen à la Konschthal d’Esch était déjà ancienne. Elle date d’avant la tenue de la capitale européenne de la culture en 2022 et même de la Biennale d’art de Venise de 2021. Quand Christian Mosar a entendu que l’artiste luxembourgeoise, basée et enseignante à Anvers, était nommée pour y représenter son pays, il l’a aussitôt appelée pour lui proposer de montrer ensuite à Esch ce qu’elle allait y faire. Le curateur sait trop bien qu’à la surexposition de la Biennale de Venise succède souvent une période de creux, pas évidente à gérer. Lui proposer une exposition est un moyen de soutenir l’artiste dans ces moments potentiellement déstabilisateurs, en même temps qu’une double récompense. La Konschthal avait déjà fait la même chose avec Lisa Kohl et Daniel Reuter à leur retour des Rencontres de la photographie d’Arles.