Théâtre

„Cela ne se fait pas“: „Hedda Gabler“ au Grand Théâtre

Poursuivant le cycle „Ibsen“ entamé il y a déjà plusieurs saisons et inaugurant le cycle „Destins de femmes“ au Grand Théâtre, cette mise en scène de „Hedda Gabler“ par Marja-Leena Junker marque non seulement le retour sur scène de Myriam Muller dans le rôle-titre et de Tom Leick-Burns, mais donne à voir le portrait d’une femme puissante et indéchiffrable, insufflant au texte d’Ibsen une contemporanéité féministe jusque dans l’échec de son personnage.

C’est dans une scénographie minimaliste, d’un blanc aveuglant, que le drame va éclater

C’est dans une scénographie minimaliste, d’un blanc aveuglant, que le drame va éclater (C) Antoine de Saint Phalle

Ça se passe dans un de ces salons contemporains conçus par un architecte qui satisfait un besoin de modernité dans lequel il sait bien que personne ne s’épanouira. C’est un lieu sans chaleur, d’un blanc parfois aveuglant, qui tâche les yeux comme quand on fixe trop longuement un paysage enneigé et qui rappelle le Carré blanc sur fond blanc de Malevitch – cette ultime impasse du modernisme. C’est là, dans une scénographie signée Christian Klein qui reproduit à merveille l’encagement et l’asphyxie que ressent Hedda Gabler, avec en arrière-fond un jardin où clapotent l’eau et la liberté, invisibles ou presque au regard du spectateur, c’est là que se déroulera un drame qui mènera à une autre impasse, plus existentielle, plus tragique aussi.

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