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Rapport sur ‚l’entrisme’ des Frères musulmans: Macron a réuni un Conseil de défense

Emmanuel Macron a convoqué hier un Conseil de défense et de sécurité nationale pour examiner un rapport issu des services de sécurité intérieure et consacré aux Frères musulmans.

Emmanuel Macron a convoqué hier un Conseil de défense et de sécurité nationale pour examiner un rapport issu des services de sécurité intérieure et consacré aux Frères musulmans

Emmanuel Macron a convoqué hier un Conseil de défense et de sécurité nationale pour examiner un rapport issu des services de sécurité intérieure et consacré aux Frères musulmans Photo: Gonzalo Fuentes/Pool/AFP

Cette étude, aux conclusions alarmantes, avait été commandé par Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur, et relancé par son successeur Bruno Retailleau, qui voit dans cette organisation islamiste „une menace pour la cohésion nationale“.

Les Frères musulmans, contrairement aux organisations terroristes islamistes qui se réclament du salafisme sunnite, et donc d’une lecture littérale des textes de l'islam, comme Al-Qaïda et Daesh, constituent une structure internationale plus souple et plus discrète. Fondée en 1928 en Égypte, alors sous domination britannique, par un enseignant musulman, Hassan el-Banna, grand-père du très controversé Tariq Ramadan, elle est aujourd’hui interdite dans plusieurs pays, comme l’Arabie saoudite, l’Égypte et la Jordanie, mais leur mouvement n’en constitue pas moins une nébuleuse qui a essaimé jusqu’en Europe, et continue d’exercer son influence.

Les premiers membres de la confrérie prônaient une réaction collective de la population à travers une islamisation „par le bas“ grâce à la prédication, bien sûr, destinée à hâter „l’avènement d’un système de gouvernement islamique“, rappelle le rapport. Mais surtout, et toujours selon les enquêteurs qui s’y sont intéressés (ainsi, d’ailleurs, qu’un certain nombre d’auteurs, universitaires et chercheurs privés), les Frères musulmans ont adopté dans les pays occidentaux – de même d’ailleurs que dans nombre d’autres, notamment dans la sphère arabo-islamique, comme en Tunisie et au Maroc – une tactique déjà familière à la mouvance trotskiste, avec laquelle ils n’ont évidemment rien à voir pourtant: l’entrisme.

Autrement dit celle qui consiste d’abord à pénétrer discrètement différentes organisations non religieuses (on en compterait déjà quelque 260 au total investies par les Frères musulmans dans l’Hexagone, et recevant à l’occasion des subventions publiques): des associations sportives, culturelles ou caritatives, des mouvements de jeunesse, des syndicats, des structures d’aide sociale. Et même des partis politiques de toutes obédiences, étant entendu que La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon leur offrait évidemment un terrain privilégié. Et, plus récemment, des équipes municipales, voire l’entourage de parlementaires, ont été infiltrés par le mouvement „frériste“… „Cet islamisme à bas bruit a pour objectif ultime de faire basculer toute la société française dans la charia, la loi coranique“, a dénoncé hier Bruno Retailleau.

Double discours

Selon le rapport examiné hier à l’Elysée, les Frères musulmans „ont recours au double discours par lequel ils dissimulent leurs intentions réelles en affichant partager les règles et principes régissant la vie collective occidentale“. Mais, poursuit-il, „la réalité de cette menace, même si elle repose sur une temporalité longue et ne recourt pas à l’action violente, fait peser le risque d’une atteinte au tissu associatif et aux institutions républicaines, et plus largement à la cohésion nationale“.

Et cela, notamment, „en cherchant à obtenir des modifications progressives des règles locales ou nationales“, en particulier celles qui concernent la laïcité et l’égalité entre les femmes et les hommes. Avec une cible prioritaire: le milieu scolaire et universitaire, en luttant contre une prétendue islamophobie, „un concept utilisé pour discréditer les mesures inspirées par le principe de laïcité, présenté comme relevant d’un racisme d’État“, ajoute le rapport.

Ses auteurs concluent qu’il conviendrait de mener „une action de terrain résolue et de longue haleine semble nécessaire face à ce phénomène“. Comment? Par „une sensibilisation de l’opinion publique et un discours laïque renouvelé“, accompagné de „signaux forts et positifs à destination de la communauté musulmane“.

Ne serait-ce que pour ne pas faire le jeu de ceux qui jouent la carte du séparatisme. Fidèle à sa stratégie, Jean-Luc Mélenchon s’est d’ailleurs aussitôt emparé de cette nouvelle occasion de défendre l’islamisme et de dénoncer les partisans de la laïcité républicaine, en jugeant „désastreuse pour l’unité du pays“ la méfiance que pouvait inspirer l’entrisme des Frères musulmans. A quoi l’Elysée a sobrement répondu que „quand l’État lutte contre le séparatisme, il ne lutte pas contre l’islam, mais contre l’islamisme radical“.

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