France

Les élections municipales s’annoncent particulièrement politisées

La campagne pour les élections municipales françaises des 15 et 22 mars s’est ouverte officiellement ce lundi. Traditionnellement, ces élections sont présentées comme un scrutin essentiellement local, assez éloigné de la politique nationale, de ses intrigues et de ses turpitudes. Les maires ne sont-ils pas ressentis, selon les sondages, comme les élus les plus proches des gens?

Start der Wahlkampagne von PS und Grünen im 12. Bezirk von Paris mit Plakaten und Unterstützern

Début de la campagne électorale du PS et des Verts dans le 12e arrondissement de Paris Foto: Anna Kurth/AFP

„Peut-être parce que, contrairement aux députés et à plus forte raison au président, nous sommes constamment à portée de gifle!“, explique ironiquement l’un d’entre eux. Lequel n’a probablement pas tort: un maire est d’abord un responsable local, que l’on peut interroger facilement, critiquer, ou d’ailleurs aussi remercier, voire féliciter: il est présumé connaître, au plus près du terrain, les réalités concrètes auxquelles se trouvent confrontés ses administrés. Pourtant, rarement – voire jamais – autant que cette année, les élections municipales auront été aussi connectées à la politique nationale. Deux facteurs au moins concourent à l’expliquer.

Le premier est leur (relative) proximité avec l’élection présidentielle de l’an prochain. A guère plus d’un an d’un scrutin perçu assez justement en France comme „la mère de toutes les batailles“, les résultats en seront scrutés, analysés, décomposés et soupesés comme rarement. Bien sûr, de nombreuses considérations locales devraient inciter les analystes à la circonspection: voter dans tel sens pour la mairie ne revient pas nécessairement à faire de même, un an plus tard, pour l’Elysée.

Mais enfin, dans le paysage politique français actuel, marqué par la confusion et l’irrésolution, de telles indications, pour précaires qu’elles soient, seront guettées. Comment, par exemple, ignorer le fait que l’ancien premier ministre macroniste Edouard Philippe, qui ne fait pas mystère de ses ambitions présidentielles pour 2027, est donné battu par un challenger communiste dans sa ville du Havre, dont il est le maire sortant mais qui fut longtemps un fief du PCF?

Arrière-pensées à gauche et à la droite

Et cela pour une deuxième raison, qui concerne plus particulièrement la gauche. Jusqu’à quel point sa branche républicaine, allant du PCF au PS en passant par les Verts, se résignera-t-elle à s’allier, au moins au second tour, avec LFI? Autrement dit avec une France Insoumise qui a désormais sombré dans la défense de l’ultra-violence, après le lynchage d’un militant nationaliste par sa milice prétorienne de la Jeune Garde, et les déclarations antisémites de Jean-Luc Mélenchon, dernièrement encore à Lyon, ville où fut précisément commis le meurtre en question?

Après ces propos, qui ont soulevé l’indignation de toute la classe politique, les dirigeants de la gauche modérée ont sévèrement condamné la dérive de M. Mélenchon (voir Tageblatt du 28 février). Mais ils ne semblent pas tous prêts, pour l’instant, à se priver d’un appoint électoral de LFI qui pourrait, dans certaines villes, être décisif au second tour. De même que du côté de la droite modérée, on s’interroge beaucoup, fût-ce à huis-clos, sur l’opportunité d’arrangements avec le Rassemblement national, là où celui-ci peut menacer le parti LR, ou bien, au contraire, le maintien d’un candidat de ce dernier faciliter la victoire de la gauche, surtout mélenchoniste.

Encore ces réflexions stratégiques s’appliquent-elles surtout aux grandes villes, où le scrutin est sensiblement plus politisé. C’est évidemment le cas des trois plus importantes d’entre elles: Paris, Lyon et Marseille. Dans les trois cas, le vote obéit à un système différent de celui qui régit la consultation dans l’ensemble du pays. Dans les trois cas aussi, des maires de gauche sortants vont affronter une rude offensive de la droite – voire, à Marseille, de l’extrême droite – et même si les considérations locales n’y disparaissent pas pour autant, le résultat fera peut-être figure de test national.

Le cas des petites communes

Mais sur les quelque 35.000 communes françaises, environ 70% d’entre elles comptent moins de mille habitants, et la campagne y est souvent beaucoup moins politicienne, et plus personnalisée, même si les étiquettes de partis n’en sont pas absentes. Il existe même de nombreux villages où il n’existe qu’une seule liste, faute d’avoir pu trouver suffisamment de candidats pour en constituer une seconde. Et dans 70 communes, il n’y aura même aucune liste soumise au vote des électeurs: personne n’a voulu se présenter, y compris l’équipe sortante (les affaires locales seront alors gérées, pour une période de trois mois reconductible une fois, par trois délégués du préfet du département).

Pourquoi, dans ce pays réputé pour sa politisation souvent passionnée des esprits, une telle désaffection pour la fonction municipale? „Cela prend trop de temps, pour une rémunération dérisoire“, explique un de ces maires sortants qui ne veulent plus „y aller“; „L’Etat nous a refilé de nouvelles charges sans prévoir les transferts financiers nécessaires“, dit l’autre; „Il y a presque un quart de siècle que je fais le maire, je voudrais passer le flambeau à des jeunes, mais la relève n’est pas là“, constate amèrement un troisième.

Pourtant, le maire reste le personnage politique le plus respecté, voire admiré ou envié, des électeurs français.

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