Théâtre
Apocalypse intime: „Juste la fin du monde“ de Jean-Luc Lagarce dans une mise en scène de Myriam Muller
Après „Songes d’une nuit…“ au Grand Théâtre et „Blackbird“ au Théâtre du Centaure, „Juste la fin du monde“, initialement prévu pour la saison dernière, est la troisième mise en scène de Myriam Muller qui, après la boîte de nuit aux teints féeriques de Shakespeare et le huis clos de David Harrower, nous plonge dans l’univers familial noir de Jean-Luc Lagarce, où les gens parlent beaucoup sans jamais parvenir à entrer en communication.
Louis (Tristan Schotte) veut annoncer à sa famille sa mort prochaine … (C) Bohumil Kostohryz
Un fils rentre voir sa famille qu’il a fuie tout au long de sa vie pour leur annoncer qu’il va mourir. Pourtant, rien ne se passe comme prévu: la famille à laquelle il retourne est en pièces, le précaire équilibre entre ses membres est détruit par l’arrivée de cet ancien membre de famille que la distance et le temps ont transformé en parfait étranger, d’anciennes animosités, de très vieilles rivalités somnolentes se réveillent tout à coup, la jalousie que ce fils, Louis, ait osé s’en aller dans le monde mener une vie plutôt que de rester entravé aux liens familiaux comme l’ont fait les autres, qui ont l’impression d’avoir terminé leur vie en cul-de-sac. Du coup, il repartira sans avoir rien dit, des conflits irrésolus et irrésolubles planant au-dessus de ce foyer familial qu’il abandonnera ainsi à nouveau, et pour toujours.