Est-ce un métier, une profession, un art? Une vocation ou un artifice, une conviction, une philosophie de vie? Ou un simple gagne-pain?

Faut-il être particulièrement doué pour en faire, avoir en soi la conviction qu’il faut rendre service aux autres, à la collectivité ou serait-ce une forme d’égocentrisme exaspéré qui vous fait croire que vous êtes en droit de décider pour autrui?

Oui, quelle drôle de chose que la politique. Ceux qui en font, au masculin comme au féminin, l’abandonnent rarement, ce qui porte à croire qu’ils ont eu un gène spécifique que malgré les critiques, les insultes, les pressions, les déceptions, les attaques parfois personnelles, ils n’en démordent pas.

Croire qu’ils ne veulent pas céder leur maroquin serait trop simple comme explication. Alors quoi? Il n’est pas aisé, convenons-en, dans la société actuelle, d’être homme ou femme politique. La complexité du monde, le poids exagéré de l’économie et de la haute finance, la place exagérée prise par les lobbies et la rapidité des médias font que la politique manque parfois de distance, d’où l’altération de sa capacité de jugement. Devenu vulnérable, l’homme politique fait oublier que la politique est noble car au service du bien commun.

L’approche des futures élections nationales nous offre chaque jour une illustration de la déformation. Que de posts, que de tweets sur le net, que de jeunes loups, aspirants futurs ministres, accrochés à leur ordi pour rédiger des “vacheries” dans la minute pour discréditer “l’adversaire” donc “l’ami” de la coalition de demain.

Que de journalistes embrigadés pour des intérêts non avoués, toujours pécuniaires!

Jamais auparavant l’électeur potentiel n’a été autant dupé; jamais les journalistes n’ont autant parlé de liberté, en étant embrigadés sans gêne et sans honte.

A qui profite le crime, doit-on demander. A un système, bien sûr, un système mis en place où même ceux qui le contestent ont trouvé leur place, un système qui a compris à la perfection que tel un virus, il doit muter pour survivre et qui réussit parfaitement.

Les migrants, les pauvres, les inégalités des sexes, les sans-abris et les chômeurs, les désertifications, les conflits armés, les guerres de religion? Autant de paravents qui permettent de crier son indignation, alors que sur le fond rien ne change.

Jeunes socialistes contre vieux socialistes, querelle de famille en sorte. Reding versus Wiseler et le Wort comme arbitre?

Rouge et noir, noir et vert, bleu et vert? Jeux d’alliances plutôt qu’enjeux d’avenir.

Tous les systèmes finissent par pourrir de l’intérieur. Le nôtre (la démocratie à l’européenne) a de la marge.

Car le cours de l’histoire, quelques accélérations mises à part, est long. Les citoyens sont patients tant que l’on veille à leur aisance matérielle et que les acteurs chargés d’y veiller jouent leur rôle à la perfection.

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