Sur un point du moins, son analyse est juste. Portée par le trop plein des médias, l’opinion n’est plus qu’un vaste chaos dans lequel nul ne sait plus apprécier le vrai du faux, l’émotionnel du réel, le on-dit de la vérité.
L’affaire Polanski à peine devenue l’affaire Mitterrand, les vagues de la taxe carbone à peine lissées, c’est l’affaire Jean Sarkozy qui a éclaté. Le temps d’oublier l’affaire Clearstream-Villepin, celle de la haine froide et acharnée entre un président en exercice et un ancien premier ministre.
Que cela ne suffise!
Eh bien non: voilà que rebondit l’affaire Villemin, l’affaire Robert Boulin avec les déclarations de Jean Charbonnel et que pour mieux remplir la semaine vient l’Angolagate avec la peine de prison ferme de Charles Pasqua.
La France ne serait-elle plus qu’une vaste affaire?
En fait, ce qui se passe chez nos voisins n’est pas un cas isolé.
A force de vouloir trop communiquer, les hommes politiques n’ont de cesse d’affaiblir leur action, le fond cédant la place à la forme. Se croyant obligés d’exister au quotidien dans les médias, ils se privent du droit, voire du devoir de réflexion, en renonçant à une saine distance ils se mettent au même niveau que la vox populi qui les juge sans disposer comme jadis des paramètres pour ce faire.
Parce que dirigée, pilotée, encadrée, la presse dite écrite œuvrait longtemps dans un cadre déontologique avec des règles strictes et une éthique pouvant servir de repère à ses lecteurs. Dans un premier temps, l’audiovisuel avec ses impératifs d’audimat est venu brouiller le jeu. Du jour au lendemain, l’échelle des valeurs s’est effondrée. La hiérarchie a disparu. Le fait divers dans sa forme la moins noble, le sport avec ses aspects les plus chatouillants et de facto les moins respectables ont pris le pas sur la politique au sens noble. Le populisme ambiant en est la résultante. Internet n’a fait qu’aggraver le phénomène. Désormais, on écarte ce qu’on ne veut pas savoir. On applaudit à des messages d’origine douteuse, on s’inspire de sources parfaitement incontrôlées.

Devoir de réflexion

Le progrès? Quel progrès?
Des justiciers anonymes deviennent les fossoyeurs de la démocratie au nom même de la démocratie. Ils creusent la tombe de la justice pour laquelle ils prétendent œuvrer.
A qui se fier dorénavant? En tous les cas, certainement pas aux nouveaux chantres d’une égalité factice qui peuplent les entreprises et courent les rues.

 

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