Il fut un des points forts de la présente éditions des Congés annulés et a su rassembler ce qui semblait être l’entièreté de la scène hardcore luxembourgeoise: le concert des Daughters. Toute une foule d’amateurs plus ou moins invétérés avait trouvé le chemin vers les Rotondes pour écouter le groupe noise rock et ce malgré le créneau un peu malheureux du dimanche soir.

Par Luc van den Bossche (texte) et Julien Garroy (photos)

Au fil des années, le groupe américain originaire de Rhode Island a pu amasser une base de fans assez considérable et surtout fidèle. Si fidèle en fait qu’il peut se permettre de vendre des micros détruits et signés pour la somme modique de 80 euros. Un moyen pour les vrais amateurs de se distinguer de la masse. Et la masse, elle y était dimanche soir aux Rotondes, même si la plupart n’est arrivée que peu de temps avant le „main act“ du soir qui sortait sur scène vers 21.30 h.

Or, bon nombre des visiteurs ont ainsi fini par rater le set (malheureusement beaucoup trop court avec une durée d’une vingtaine de minutes seulement) du „support act“ Nordra. D’un style assez distinct mais empreint de tonalités tout à fait parentes de celles des Daughters, le projet solo de Monika Khot qui joue les keys, le syntheziser et la guitare dans la formation actuelle du groupe, avait tout pour plaire au public, voire pour l’enthousiasmer.

En effet, son travail maîtrisé basé sur l’utilisation virtuose de loopers et samples pour créer ce que l’on pourrait appeler des strates de son, composées de plans inclinés provoquait, accompagné de son chant à la limite de l’éthéré, un effet de hantise bouleversant.

Entre animalité et nihilisme calculé

Après ce support bien plus que convaincant (et, comme dit, beaucoup trop court) ainsi qu‘un bref intermezzo pour refaire le plein de bière et nicotine, le main act de la soirée sonna le début du spectacle. Et spectacle il y avait. Connus pour la théâtralité sur scène notamment du lead singer, le groupe n’a pas déçu le public et, pour ainsi dire, coché les cases de toutes les attentes: „microphone deepthroat“, check; autoflagellation au micro, check; coulée de salive généreuse, check.

Pourtant, malgré ces trademarks du groupe que certains pourraient juger superflus mais auxquels les fans invétérés s’attendent et qui font partie d’une mise en scène brillante d’une certaine animalité, c’était surtout la prouesse technique, la maîtrise musicale qu’il faut garder en mémoire. „Extrêmement tight“, remarqua un de leurs fans après le concert.

C’est vrai que leurs racines musicales dans le mathcore se font toujours remarquer, même si les Daughters vont de plus en plus vers un style plus industrial: des breaks inattendus mais parfaitement intégrés dans le flow  musical, des variations rythmiques, à peine perceptibles mais faisant preuve d’une grande inventivité, et des transitions insolites entre les différentes pièces du set.

Son et acoustique

Ceci dit, si la tare principale du „support act“ fut la brièveté de son set, celle du concert principal fut de l’ordre de l’acoustique. En effet, pour une raison ou une autre, le son était moins que parfait: la musique, malgré son volume non-négligeable, sonnait sourdement, ne donnait jamais vraiment l’impression d’un „wall of sound“, et le choix de donner priorité au chant – d’ailleurs très pertinent pour les moments où le chanteur semblait presque s’adonner à du „spoken word“ – exacerbait encore ce problème qui était peut-être aussi lié à l’acoustique inhérente à l’endroit.

Mais en fin de compte, malgré ces tares, le spectacle a su plus que satisfaire les fans, même si ce ne fut probablement ni le meilleur show des Daughters ni le meilleur concert de l’année au Luxembourg. En tout cas, la soirée fut bien plus convaincante que celle que la performance de Metz, un mois avant, elle aussi aux Rotondes.

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