29. November 2025 - 9.11 Uhr
RockBlack Rebel Motorcycle Club en concert ce soir à l’Atelier
Fin des années 1990. Pendant que la pop est post-moderne et que le rap est partout, le rock, lui, semble ronfler. Une poignée de jeunes groupes anglo-saxons le réveille en sursaut au tournant des années 2000; c’est le „retour du rock“. En 2001, The Strokes à New York et The White Stripes à Detroit sortent des albums chocs. Bientôt, une vague de formations revigore l’énergie garage et post-punk: The Hives en Suède, The Vines en Australie, ou côté britannique The Libertines et Franz Ferdinand un peu plus tard. Au milieu de ce renouveau, Black Rebel Motorcycle Club fait figure d’outsider prometteur.
Le trio californien, à l’allure sombre et mutique sur scène, est brièvement intronisé par le NME comme les „West Coast Strokes“, voire considéré parfois comme „encore plus cool“ que la bande de Julian Casablancas. BRMC est fondé par deux mômes de San Francisco, Peter Hayes et Robert Levon Been. Le premier gratte chez Brian Jonestown Massacre, le second est le fils du chanteur de The Call; Black Rebel Motorcycle Club est un nom piqué au gang de Marlon Brando dans „L’Equipée sauvage“ (Lázló Benedek, 1953). Tout est là: cuir noir, esprit frondeur et moteurs rugissants. D’emblée, le groupe s’impose comme l’aile sombre de ce revival rock naissant. Moins clinquant, plus ténébreux, il préfère les drones hypnotiques aux refrains catchy. Là où les Strokes jouent les dandys new-yorkais et les White Stripes revisitent le blues garage, BRMC invoque le Velvet Underground (periode „White Light/White Heat“), Jesus & Mary Chain et le shoegaze, soit un mur de son vénéneux et une mystique du chaos. Leur „Whatever Happened to My Rock ’n’ Roll (Punk Song)“ est un morceau rageur où Peter Hayes clame: „I fell in love with the sweet sensation/I gave my soul to a new religion/Whatever happened to our rock ’n’ roll?“. Nous sommes en 2001 et, du haut de leurs vingt ans, ces mecs lancent un cri du cœur: qu’est-il arrivé à l’âme du rock? BRMC ne veut pas ressusciter les cendres, il veut rallumer le feu.
Echos persistants
Avec „B.R.M.C.“ (2001), ce sont des riffs épais et des feedbacks en cascade cimentés par un romantisme noir, mais ce n’est pas du goth; le prolongement beau corbeau est étrangement attribué à Interpol, qui serait plutôt du Psychedelic Furs nouveau siècle. „Spread Your Love“ déboule comme un train fantôme, „Salvation“ renvoie à une messe électrique. Deux ans plus tard, „Take Them On, On Your Own“ pousse les potards. „Stop, Six Barrel Shotgun, US Government“: Black Rebel Motorcycle Club tape sur le système Bush. Pourtant, l’effet de surprise s’émousse. Certains les moquent: des copies low-cost de Jesus & Mary Chain. Alors le groupe bifurque. En 2005, „Howl“ déroute. Adieu distorsion, bonjour gospel, guitares acoustiques, harmonies folk, harmonica. Inspiré par la Beat Generation (l’album emprunte son titre au poème „Howl“ d’Allen Ginsberg), l’équipe sauvage explore ses racines américaines et spirituelles; elle se retrouve non plus à emprunter à Jesus & Mary Chain, mais à louer Jésus. L’album est un virage, mais aussi une libération; Robert Been abandonne le pseudonyme Turner, embrasse enfin son héritage. Mais le répit est bref.
Avec „Baby 81“ (2007), les guitares rugissent à nouveau et la réverbération remaquille les morceaux. „Weapon of Choice“ et „Berlin“ font le job, mais l’élan des débuts s’étiole. La décennie suivante enchaîne les disques: „Beat the Devil’s Tattoo“ (2010), „Specter at the Feast“ (2013), „Wrong Creatures“ (2018). Leah Shapiro remplace Nick Jago à la batterie, le groupe se stabilise, mais perd de sa flamme? Si BRMC tourne en rond, c’est toujours à 120 km/h. Un quart de siècle plus tard, ils sont là, les amplis à fond les ballons, fidèles au poste quand d’autres ont disparu. Leur premier album est devenu culte et Jesus & Mary Chain peuvent être fiers d’eux, ainsi que de Big Pink, A Place to Bury Strangers, Crocodiles, Crystal Stilts ou, un autre groupe en „black“, Black Angels. Tous ont brillamment repris le flambeau.
De Maart
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