Un nombre record de 1.400 exilés tibétains au Népal ont été interpellés vendredi à Katmandou pour avoir manifesté près de l’ambassade de Chine, le jour de l’ouverture des jeux Olympiques de Pékin, a annoncé la police.
Il s’agit du plus gros nombre d’arrestations en une seule journée dans la capitale népalaise depuis qu’ont éclaté en mars les troubles au Tibet et qu’ont commencé à la même époque des manifestations antichinoises quasiment quotidiennes au Népal. Dans ce coup de filet, “1.272 (Tibétains) sont en détention et cent autres que nous venons d’interpeller sont en chemin” vers le centre de rétention, a indiqué à l’AFP un officier de la police, B.K. Upadhaya. Le jour même du début des jeux Olympiques, “nous voulons montrer aux millions de gens qui vont regarder la cérémonie d’ouverture et aux centaines d’athlètes que les droits de l’Homme n’existent pas au Tibet”, a lancé Tashi Tsering, un étudiant tibétain, avant d’être embarqué dans un fourgon de la police.
“Pour nous, ce jour est l’occasion d’attirer l’attention du monde”, a renchéri Nima, une jeune nonne. Tous les deux ont été interpellés avec une foule compacte chantant “Honte, honte à Hu Jintao” ou “le Tibet aux Tibétains”, près de l’ambassade de Chine dans la capitale népalaise. “Ceux que nous détenons seront libérés plus tard dans la journée”, a assuré l’officier Ramesh Thapa. “Les Tibétains continuent de manifester ou de tenter de le faire par petits groupes et tant qu’ils viendront, nous les interpellerons”, a prévenu le policier. Certains manifestants se sont accrochés avec des policiers qui les ont frappés au moment où des Tibétains débordaient les cordons des forces de l’ordre devant les sections consulaire et commerciale de la mission diplomatique chinoise.
D’autres s’étaient rasé le crâne et avaient le visage et le corps peints aux couleurs du drapeau tibétain. Jeudi déjà, près de 600 Tibétains avaient été appréhendés après avoir refusé de se disperser devant un grand temple bouddhique de Katmandou. “Je viens ici presque tous les jours depuis trois mois et je continuerai” a promis Tsering, avant d’être jeté dans une camionnette de la police. Katmandou est le théâtre quasi quotidien de protestations contre le pouvoir chinois depuis les émeutes du mois de mars dans la capitale tibétaine, Lhassa. Chaque jour, des dizaines voire des centaines d’exilés tibétains sont arrêtés devant l’ambassade de Chine au Népal, puis relâchés le soir même. Les dirigeants au Népal, pays himalayen enclavé entre l’Inde et la Chine, veulent conserver de bonnes relations avec Pékin et assurent ne tolérer aucune manifestation antichinoise sur leur territoire. Environ 20.000 Tibétains sont réfugiés au Népal depuis un soulèvement raté contre Pékin à Lhassa en 1959. Quelque 2.500 exilés arrivent encore chaque année à Katmandou avant de repartir pour la plupart vers Dharamsala, dans le nord de l’Inde, où une grande communauté s’est établie sous l’autorité du gouvernement tibétain en exil et du dalaï lama.