Au moins 1.500 exilés tibétains au Népal ont manifesté jeudi contre la Chine dans la capitale Katmandou, à la veille de l’ouverture des jeux Olympiques de Pékin, a indiqué la police. Des bonzes et des nonnes, priant et chantant, se sont rassemblés au pied d’un monastère bouddhique et ont défilé contre ce qu’ils appellent la “répression chinoise” au Tibet. Les manifestants portaient des vêtements demandant la “préservation de la pratique du bouddhisme au Tibet” et la “fin du génocide culturel” dans cette province chinoise depuis 1950. Un journaliste de l’AFP a assisté à quelques heurts entre Tibétains et policiers.
“C’est le bon moment de faire la publicité de la cause tibétaine puisque le monde entier regarde la Chine” à la veille de la cérémonie d’ouverture des JO, a reconnu un organisateur. “Nous voulons que la Chine garantisse la liberté religieuse et les droits de l’Homme au Tibet”, a plaidé Dakpa Tenzin, président de l’association bouddhiste de la jeunesse tibétaine. “Après la fin des jeux, nous redoutons une grave répression au Tibet”, a-t-il dit à l’AFP.
Katmandou est le théâtre quasi quotidien de protestations contre le pouvoir chinois depuis les émeutes du mois de mars dans la capitale tibétaine, Lhassa. Chaque jour, des dizaines voire des centaines d’exilés tibétains sont interpellés devant l’ambassade de Chine au Népal, puis relâchés le soir même. Les dirigeants au Népal, pays himalayen enclavé entre l’Inde et la Chine, veulent conserver de bonnes relations avec Pékin et assurent ne tolérer aucune manifestation antichinoise sur leur territoire. Environ 20.000 Tibétains sont réfugiés au Népal depuis 1959 à la suite d’un soulèvement raté contre Pékin à Lhassa. Quelque 2.500 exilés arrivent encore chaque année à Katmandou avant de repartir pour la plupart vers Dharamsala, dans le nord de l’Inde, où une grande communauté s’est établie sous l’autorité du gouvernement tibétain en exil et du dalaï lama.