L’Homme a toujours été un grand voyageur. Il fut nomade avant d’être sédentaire, et, sédentaire, il saisit toutes les occasions pour aller voir l’ailleurs, proche ou lointain. L’ailleurs, c’est le paradis, l’enfer, les deux à la fois: qu’importe.

L’avion m’emporte en quelques coups d’aile dans un endroit où il fait toujours beau, où je suis riche et considéré, où j’oublie tout en faisant la fête, comme les autres, avec les autres. Et le tourisme de masse n’est-il pas une aubaine pour les autochtones qui crèveraient de faim si nous ne venions pas boire, manger et rigoler?

Oui, le voyage organisé est un pur produit des services industrialisés, comme la société de consommation en offre tant. De nombreux pays ne pourraient pas, ou plus, se passer des revenus générés par ce secteur qui fait vivre d’innombrables individus, côté départs et côté arrivées. Un grand navire de croisière défilant devant la place St-Marc fait vivre Venise, n’est-ce pas, et si cette attraction n’était pas offerte alors que l’électronique et la technique et le fric la rendent possible, des milliers de pauvres gens ne verraient jamais de la vie cette splendeur!

Le vrai voyage serait-il donc dépassé? Venise rapidement aperçue du paquebot, Venise découverte et redécouverte à pied ou en vaporetto et gondole: qui oserait comparer? Celui-là qui, à l’ancienne, plaide pour le temps qu’il faut laisser au temps, quitte à renoncer à faire des tours d’Europe à l’américaine?

Oui, celui-là. Parce que c’est lui, finalement, qui tire le meilleur bénéfice du voyage qu’est la vie, sa vie. Un voyage aller-simple, à haltes nombreuses certes, sur un réseau comportant mille et une bifurcations, mais dont les voies conduisent à la fin au même terminus.

Le Grand Voyage de la vie s’entreprend après une préparation minutieuse. Il faut avoir bien étudié les destinations, objectifs et finalités avant de se lancer. Mais quel enrichissement en cours! On devient „autre“ à chaque étape, et, avec un peu de chance, plus érudit, plus tolérant, plus ouvert, tout en restant curieux et sceptique.

Parfois, l’apprentissage continu confronte le Grand Voyageur à l’épreuve redoutable de la séparation. Séparation d’êtres chers, séparation de biens, d’habitudes, de pans entiers du passé et du présent. Philosophe, il acceptera la nouvelle donne, sachant que jusqu’au terminus, les jours continueront d’apporter leurs lots de malheurs et de bonheurs.

Allez Amis, ne vous laissez pas impressionner. Partez en vacances, maintenant ou demain, mais avec un ticket-retour en poche, cette fois encore. Revenez-nous forts, beaux et bons!

3 Kommentare

  1. Et huet net jiddereen d’Suen, fir « richteg » ze reesen. Dofir muss och de Massentourismus sinn. Awer: Jiddereen kënnt sech och als Tourist ziviliséiert behuelen. Och Lëtzebuerger falen dobaussen oft desagreabel op, besonnesch, wann se an « Horden » duerch d’Stied zéien.

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