Le brûlot de Catherine Gaeng sur l’affaire Lunghi obéit-il au principe de la vengeance vue comme un plat qui se mangerait à froid? Gaeng se cache-t-elle derrière les citations journalistiques (qui font, de façon estimative, 70 pour cent de l’ouvrage) pour effectuer un règlement de compte? Pas vraiment, car Gaeng ne se cache pas: elle dit haut et fort ce qu’elle pense, parfois même un peu trop. Si je dis un peu trop, ce n’est pas parce que je pense qu’elle n’a pas raison, non, c’est que j’imagine qu’elle offre aux potentiels détracteurs des angles d’attaque, qui lui reprocheront d’emblée son manque d’objectivité. En vérité, l’exercice auquel elle s’adonne est presque académique: l’auteure cite, puis elle interprète et commente.

On peut tirer de cette chronique une triple leçon: elle nous avertit des dangers et pouvoirs des médias à un temps où nous pensions que les „fake news“, c’était avant tout chez Trump, elle peint un paysage politico culturel où un certain provincialisme fait obstruction à la professionnalisation culturelle du pays et, surtout, elle montre que la soumission de l’art au fiscal s’observe malheureusement de façon éhontée au Luxembourg. Dans le décapant roman „Sigma“ de Julia Deck, l’auteure s’imagine un monde où une société secrète limiterait les penchants subversifs et révolutionnaires de l’art en enfermant les œuvres dans des musées ou les couloirs d’une banque – où leur potentiel de nuire s’évapore. C’est à cela que se réduisent les musées, dans le monde imaginé par Deck. Et c’est vers quoi nous risquons de nous acheminer, si nous laissons les Lunghi de ce monde se faire chasser.

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