Les plus prestigieux des prix littéraires français ont été annoncés en cours de semaine – le Goncourt va à Vuillard, le Renaudot est décerné à Le Guez, le Femina couronne Jaenada et le Médicis Haenel. Ce que l’on peut constater, c’est, abstraction faite du Médicis, que ces prix ont tous été décernés à des œuvres qui se passent dans ou qui sont liés aux années 40.

Récemment, je disais un peu ironiquement à mon éditeur qu’il suffisait d’écrire un roman sur le nazisme pour remporter le coup. Certes, le devoir de mémoire est, de nos jours, avec la réapparition des extrêmes droites, plus nécessaire que jamais. Mais on sent derrière ces œuvres un choix de la facilité et, peut-être, l’appât du gain.

En tout cas, comme Le Magazine littéraire l’écrivit au sujet de “La disparition de Josef Mengele” de Le Guez, le risque encouru par une œuvre qui documente des choses que les historiographes ont déjà recherchées est assez minime, l’entreprise littéraire, certes louable, peu novatrice. Alors, à rebours des choix des jurys, nous avons choisi de présenter (voir pages 6 et 7) trois œuvres qui, plutôt que de rabâcher le passé, ont une fonction d’alerte tout aussi prégnante, puisque les auteurs y peignent des futurs possibles en ajoutant à leurs récits, tout aussi préoccupés par notre histoire et notre sort, une grammaire et une syntaxe narratives nouvelles.

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