Le week-end devait être l’occasion, pour les Gilets jaunes, de marquer le premier anniversaire de leur mouvement („T“ du 16 novembre), et le gouvernement avait pris très au sérieux le risque de voir leur manifestation parisienne dégénérer comme ce fut plusieurs fois le cas à l’automne 2018. Les troubles ont finalement été nettement moins spectaculaires, pour ce „samedi jaune“ de reprise, que l’an dernier.

De notre correspondant Bernard Brigouleix, Paris

Le samedi 17 novembre de l’an dernier, on avait dénombré quelque 300.000 manifestants dans l’ensemble de la France; selon le ministère de l’Intérieur, ils étaient, cette fois-ci, environ dix fois moins. De fait, même si les voix gouvernementales tendent toujours à minimiser le nombre des protestataires, le constat s’impose: globalement, le mouvement des Gilets jaunes n’a pas obtenu, il s’en faut même de beaucoup, la mobilisation populaire massive de ses débuts en 2018.

Il est vrai que le pouvoir avait pris des précautions proportionnelles à ses craintes, avec en particulier le bouclage des Champs-Elysées et de leurs alentours (dont … le Palais de l’Elysée et le ministère de l’Intérieur), la mobilisation de milliers de policiers et de gendarmes dans la capitale, mais aussi dans les grandes villes. Et que les contrôles préventifs (il y en a eu près de 9.000 rien qu’à Paris) ont été multipliés comme jamais, cependant que, toujours pour la seule capitale, la police procédait à environ 150 interpellations.

A quoi il faut ajouter que certaines violences ont tout de même été enregistrées. Une voiture de police a été retournée et incendiée devant … la préfecture de Police; deux permanences de parlementaires de la majorité ont été vandalisées; des heurts ont eu lieu sur différentes grandes places de Paris comme celles de la Nation, d’Italie ou du Châtelet, avec des interventions des pompiers rendues très difficiles par un caillassage; ailleurs, des policiers se sont retrouvés assiégés dans une blanchisserie, d’où ils ont été laborieusement délivrés par des collègues.

300 casseurs?

Tout cela traduit, bien sûr, un climat de tension, y compris dans certaines grandes métropoles régionales comme à Lyon, Bordeaux, Nantes ou Montpellier. Mais la journée de samedi est tout de même restée très en deçà de ce que l’on avait pu connaître il y a un an: il y avait alors eu des dégâts considérables, avec d’innombrables magasins endommagés et souvent pillés, des dizaines de voitures brûlées et des centaines de blessés de part et d’autre.

Il reste que si les Gilets jaunes n’ont visiblement pas du tout retrouvé leur souffle d’antan, les Black Blocs et autres casseurs – le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, estimait dimanche leur nombre à 300 – sont toujours là, prêts à profiter de chaque occasion pour en découdre avec la police, et s’attaquer aux symboles de ce que les plus politisés d’entre eux considèrent comme des symboles de „l’ordre bourgeois“. Cette fois-ci, c’est la statue du maréchal Juin, un des grands chefs militaires des combats pour la libération de la France durant la seconde Guerre mondiale, qui en a fait les frais …

De sorte que la vigilance reste de mise du côté gouvernemental, car au vu du climat social actuel, entre les personnels hospitaliers, les étudiants, les agriculteurs, les cheminots, et d’une manière plus générale les adversaires de la réforme des retraites, les manifestations ne vont pas manquer dans l’Hexagone durant les semaines à venir. Et donc les risques de dérive violente non plus.

1 Kommentar

  1. Ceux qui montrent leur visage ne sont pas des casseurs. Où est le problème de les éliminer avant qu’ils ne commencent à casser? Les Gilets Jaunes ont leur support dans la population,jamais les casseurs.

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